Exposition aux CEM : apaiser vos espaces de travail et gagnez en performance

Open-space, Wi-Fi, ordinateurs portables, écrans multiples, bornes de recharge, smartphones, objets connectés…
Le bureau moderne est devenu un environnement fortement technologique, donc à forte exposition électromagnétique.

Sur le plan réglementaire, la plupart des entreprises respectent largement les limites d’exposition définies à partir des recommandations internationales, en particulier celles de l’ICNIRP pour les radiofréquences (Wi-Fi, 4G/5G, Bluetooth).

Pour autant, le sujet des champs électromagnétiques (CEM) au travail revient de plus en plus souvent :

  • salariés qui se plaignent de fatigue, maux de tête, difficultés de concentration,
  • personnes se disant électro-hypersensibles (EHS),
  • démarches QVT / RSE qui prennent au sérieux la qualité de l’environnement intérieur.

Cet article vous propose un cadre clair et pragmatique pour comprendre les CEM au bureau, et voir comment les intégrer intelligemment dans votre politique de prévention.

1. Pourquoi parler d’ondes au bureau aujourd’hui ?

Plusieurs évolutions convergent :

  • Généralisation du Wi-Fi haut débit, parfois avec plusieurs points d’accès.
  • Dématérialisation et mobilité : ordinateur portable + smartphone pour presque tout le monde.
  • Domination de l’open-space, avec des densités d’équipements élevées.
  • Multiplication d’équipements nouveaux : bornes de recharge, photovoltaïque, objets connectés, capteurs, IoT, etc...

En parallèle :

  • Les recommandations de l’ICNIRP 2020 servent de base à la plupart des normes d’exposition, y compris pour les lieux de travail.
  • La directive européenne 2013/35/UE, transposée en droit français (décret 2016-1074), impose aux employeurs d’évaluer les risques liés aux CEM pour les travailleurs, même lorsque les niveaux restent faibles.
  • Des travaux récents examinent spécifiquement la protection des travailleurs vis-à-vis des radiofréquences en contexte professionnel.

Autrement dit, on ne parle plus seulement d’antennes-relais au loin, mais aussi de l’environnement électromagnétique à l’intérieur des bureaux.

2. De quoi parle-t-on concrètement dans un bureau ?

Dans un environnement tertiaire classique, on rencontre principalement deux grandes familles de CEM :

a) Basses fréquences (50 Hz et dérivés)

Elles proviennent :

  • des câbles d’alimentation dans les murs, plafonds, planchers techniques,
  • des tableaux électriques et locaux techniques,
  • des alimentation d’ordinateurs, d’écrans, d’imprimantes,
  • de certains systèmes de climatisation / ventilation,
  • de luminaires (ballasts anciens, transformateurs).

Ces champs électriques et magnétiques sont continus tant que les circuits sont sous tension, et peuvent être significatifs :

  • à proximité des tableaux,
  • au-dessus de certains planchers techniques,
  • près de gros transformateurs ou câbles de forte intensité,
  • à un poste de travail techniquement mal agencé.

b) Radiofréquences (Wi-Fi, téléphonie mobile, DECT, Bluetooth)

Les principales sources sont :

  • Points d’accès Wi-Fi (souvent au plafond ou sur les murs).
  • Smartphones des salariés (4G/5G + Wi-Fi + Bluetooth).
  • Téléphones sans-fil DECT dans certaines entreprises.
  • Objets connectés, casques et écouteurs Bluetooth, etc.

Les études de terrain montrent que, dans les environnements intérieurs (bureaux, écoles, transports), les principaux contributeurs à l’exposition RF sont :

  • les réseaux Wi-Fi,
  • la téléphonie mobile (téléphones en communication, parfois antennes proches),
  • dans une moindre mesure, certains équipements spécifiques.

À noter : plusieurs revues concluent que l’exposition moyenne au Wi-Fi dans la vie courante reste bien en dessous des limites réglementaires, même si l’on manque encore de recul pour certains scénarios d’exposition chronique.

3. Ce que disent les normes et l’état des connaissances

Normes & réglementation

  • Les lignes directrices ICNIRP 2020 définissent des limites d’exposition pour les RF (Wi-Fi, téléphonie, etc.), basées principalement sur la prévention des effets thermiques (échauffement des tissus).
  • La directive 2013/35/UE impose aux employeurs de :
    • évaluer les expositions professionnelles aux CEM,
    • comparer les niveaux aux valeurs d’action et limites définies,
    • mettre en place des mesures de prévention si nécessaire.

Dans la plupart des bureaux, les niveaux mesurés restent largement en dessous de ces limites, particulièrement pour les RF.

Recherche & incertitudes

Plusieurs éléments méritent toutefois d’être gardés en tête :

  • Des revues montrent une absence d’effets délétères clairement établis pour le Wi-Fi lorsque l’on reste en dessous des limites réglementaires.
  • D’autres travaux, notamment dans le cadre des revues commandées par l’OMS ou des critiques comme Melnick (2025), soulignent des signaux robustes de stress oxydatif induit par les RF dans des modèles expérimentaux et appellent à des évaluations plus approfondies.
  • L'impact et les mécanismes d'une exposition cumulée à toutes ces fréquences sont encore à ce jour méconnus et au stade de recherches complémentaires.
  • Des lignes directrices plus prudentes, comme celles d’EUROPAEM ou de la Building Biology, recommandent de réduire autant que possible l’exposition dans les zones de repos et de longue durée, y compris au travail, surtout pour les personnes électrosensibles.

En résumé :

  • Le cadre réglementaire vise à éviter des effets aigus avérés.
  • Une partie de la communauté médicale et environnementale plaide pour une réduction d’exposition plus poussée, par précaution, dans certains contextes (longue durée, personnes sensibles, zones de récupération).

4. Un enjeu de QVT, pas seulement de conformité

Même avec des niveaux “dans les normes”, certaines situations peuvent poser problème :

  • collaborateurs qui se sentent fatigués, agités ou “électrisés” après plusieurs heures dans un open-space très connecté,
  • personnes se déclarant électro-hypersensibles (EHS) et ayant du mal à travailler dans certains environnements,
  • salariés anxieux face aux technologies (5G, Wi-Fi, objets connectés) et en demande d’informations transparentes.

Les lignes directrices EUROPAEM insistent sur le fait que, pour ces personnes, la réduction de l’exposition à domicile et au travail est un axe central de la prise en charge.

Dans cette optique, se limiter à “nous sommes dans les normes, circulez” n’est plus suffisant.
Intégrer les CEM dans la Qualité de Vie au Travail (QVT), c’est :

  • reconnaître que, même à faibles doses, l’environnement EM peut être un stresseur supplémentaire,
  • prendre au sérieux les ressentis des salariés,
  • montrer que l’entreprise fait sa part pour apaiser les espaces de travail.

5. Cartographier l’exposition dans vos bureaux

Avant d’agir, il est utile de voir ce qui se passe réellement dans vos locaux.

Un diagnostic de champs électromagnétiques en entreprise comprend généralement :

a) Mesures basses fréquences (50 Hz)

  • champs électriques & magnétiques autour :
    • des postes de travail (plateaux, open-space),
    • des tableaux électriques, locaux techniques, gaînes,
    • des dispositifs spécifiques (climatisation, transformateurs, etc.).

b) Mesures radiofréquences (RF)

  • niveaux de champs liés au Wi-Fi,
  • niveau d’exposition dû aux antennes extérieures,
  • contributions des téléphones, DECT, Bluetooth, etc.

Les revues de la littérature sur l’exposition RF en intérieur montrent une grande variabilité selon :

  • la densité des appareils,
  • l’architecture,
  • la proximité des sources,
  • le comportement des utilisateurs.

Le but du diagnostic est de :

  • distinguer les zones calmes des zones plus chargées,
  • identifier les sources dominantes (ce ne sont pas toujours celles auxquelles on pense),
  • évaluer où l’on se situe par rapport :
    • aux limites réglementaires,
    • et, si on le souhaite, aux valeurs cibles plus prudentes de la Building Biology pour les lieux de travail.

6. Stratégies concrètes pour réduire l’exposition… sans perdre en performance

L’objectif n’est pas de “débrancher l’entreprise”, mais de mieux organiser ce qui existe.

Wi-Fi & réseaux

  • Placer les points d’accès Wi-Fi au plafond ou en hauteur, à distance des postes de travail directs.
  • Éviter de fixer un point d'accès Wi-Fi juste au-dessus d’un bureau occupé en permanence.
  • Adapter la puissance d’émission et le nombre de bornes à la réalité des besoins.
  • Couper automatiquement certains réseaux (ex. Wi-Fi invités) en dehors des horaires d’ouverture.

Téléphonie & DECT

  • Remplacer les téléphones DECT “plein champ” par :
    • des modèles à émission réduite,
    • ou des lignes filaires là où c’est pertinent.
  • Sensibiliser aux bons usages des smartphones :
    • kit filaire ou haut-parleur pour les longs appels,
    • éviter de téléphoner longtemps dans des zones de très mauvais réseau,
    • ne pas laisser des téléphones en mode hotspot collés en permanence au corps.

Aménagement électrique

  • Éviter de placer des postes de travail :
    • juste devant des tableaux électriques,
    • contre des parois très chargées en câbles de forte puissance.
  • Surveiller les champs autour de certains planchers techniques et ajuster les tracés si nécessaire.

Zones de récupération

  • Créer des espaces “plus calmes” en CEM :
    • salles de repos,
    • salles de sieste,
    • espaces de retrait psychologique ou de téléconsultation.

Ces zones peuvent être conçues avec :

  • peu ou pas de Wi-Fi actif en permanence,
  • une installation électrique simplifiée ou blindée,
  • des champs basse fréquence plus faibles.

C’est un signal fort en QVT : “Nous prenons soin de votre système nerveux”.

7. Intégrer les CEM dans votre démarche QVT / RSE et vos projets immobiliers

Côté QVT / RSE

La prise en compte des CEM peut remplacer :

  • un sujet anxiogène, flou, conflictuel,
    par
  • un sujet posé, mesuré et maîtrisé.

Concrètement :

  • vous montrez que vous avez évalué les expositions, comme la réglementation le demande,
  • vous identifiez des marges d’amélioration raisonnables,
  • vous prenez en compte les collaborateurs plus sensibles, sans les stigmatiser.

Côté architectes, maîtres d’ouvrage, bureaux d’études

Sur un projet neuf ou une rénovation lourde, il est beaucoup plus simple de :

  • réfléchir dès le départ à l’architecture électrique (positionnement des tableaux, tracés, zones de nuit vs zones techniques),
  • anticiper un réseau mixte (filaire + Wi-Fi) plutôt que tout miser sur le sans-fil,
  • réserver des zones low-EMF dans la programmation (salles de repos, espaces de soin).

Les recommandations de la Building Biology pour les lieux de travail et les lignes EUROPAEM peuvent servir d’inspiration de fond, au-delà du strict réglementaire.

8. Comment je peux accompagner votre entreprise ou vos projets

Mon rôle est d’apporter un regard spécialisé sur les CEM au travail, en complément des compétences :

  • HSE,
  • ergonomie,
  • acoustique,
  • thermique,
  • architecture.

Concrètement, je peux :

  • Auditer vos espaces de travail (bureaux, open-spaces, salles de réunion, salles de repos) sur les plans BF et RF.
  • Vous fournir une cartographie claire des expositions aux CEM et des priorités d’action.
  • Construire avec vous un plan de réduction raisonnable :
    • gestes simples,
    • aménagements,
    • ajustements réseau.
  • Vous aider à intégrer ces principes dans :
    • vos démarches QVT / RSE,
    • vos projets immobiliers (neuf ou rénovation),
    • vos cahiers des charges (architectes, BET, installateurs).

Conclusion

Les CEM au bureau ne sont ni un “non-sujet”, ni un danger absolu.
C’est un paramètre environnemental de plus, qu’il est intelligent de regarder en face pour :

  • respecter le cadre réglementaire,
  • améliorer la qualité de vie au travail,
  • répondre à la question croissante des collaborateurs sur les ondes,
  • anticiper les besoins de certaines personnes plus sensibles.

👉 Si vous souhaitez faire évaluer vos locaux, intégrer l’électricité biocompatible et une approche “électro-consciente” dans vos projets ou votre politique QVT, je peux vous accompagner, que vous soyez entreprise, collectivité, architecte, maître d’œuvre ou bureau d’études.

Évaluez votre environnement électromagnétique

Je partage: